Salaire

May 20, 2022

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Futur of Work : Demain, à quoi ressemblera la paie ?

Le monde du travail évolue.

La notion de futur of work se démocratise, et ses enjeux grandissent.

Et quand on sait que 42% des salariés considèrent que la rémunération les rend fidèles à leur entreprise (Hays), il semble alors bien normal que le système de paie des collaborateurs soit également en pleine mutation, particulièrement pour répondre aux nouvelles attentes des salariés d’aujourd’hui.

Ces dernières années, plusieurs initiatives essentiellement étatiques ont déjà contribué à rendre la paie plus transparente, plus pratique et plus adaptable. Par exemple :

  • Bulletin de paie simplifié
  • Fiche de salaire dématérialisée
  • Prélèvement à la source
  • Dossier numérique du collaborateur
  • Portail en ligne de gestion pour le salarié

Dans cet article, nous n’allons pas vous expliquer une énième fois que l’avenir de la paie sera dématérialisé et dans le cloud.

Non, ceci, vous le savez déjà et cela ne vous apporterait pas beaucoup de valeur.

Nous explorerons plutôt diverses innovations qui pourraient bientôt améliorer la paie pour les salariés français :

  • Grille de salaire transparente
  • Plan cafétéria
  • Évaluation collégiale des salaires
  • Salaire libre
  • Paie en crypto
  • Paie à la demande

Pour des raisons de marque employeur ou de baisse de turnover, les entreprises gagnent à s’y intéresser le plus rapidement possible.

Certaines de ces idées en sont pour l’instant toujours au stade de test, d’autres sont pratiquées de manière marginale tandis que d’autres encore se banalisent rapidement.

Difficile de savoir ce que l’avenir nous réserve sans boule de cristal, mais ce qui est fort probable, c’est que vous entendrez de plus en plus parler de ces sujets dans les années à venir…

La grille de salaire transparente : bas les masques

L’argent, et donc le salaire, restent tabous en France. 

Afin de lever ce tabou et de justement désacraliser ces sujets, certaines entreprises innovantes comme Shine ou Alan publient une grille de salaire transparente : chaque collaborateur peut donc savoir combien sont rémunérés dans l’organisation les différents métiers selon le niveau de séniorité (sans pour autant donner le montant exact pour chaque salarié).

L’idée est d’avoir un aperçu, un ordre de grandeur, pas forcément de miser sur une précision exacte.

L’objectif selon Shine : définir un cadre à la politique de rémunération d’abord, puis créer une ambiance plus saine entre le management et les collaborateurs.

Nous y voyons d’autres enjeux, comme ceux de lutter contre les bruits de couloirs, les inégalités femmes-hommes, le copinage et l’opacité.

Cette pratique n’est pas sans inconvénients (risque de conflit, négociation moins souple, etc.), mais elle semble être positive pour les entreprises qui l’ont mise en application.

Le plan cafétéria : vers plus de flexibilité et d’adaptabilité

Le plan cafétéria est une innovation qui nous tient à cœur.

Cela vise à changer notre prisme concernant la politique de rémunération pour ne plus la voir comme “le salaire en priorité, les avantages dans un second temps”, mais plutôt comme un ensemble, un package personnalisé.

En modulant tout un ensemble adapté aux besoins des collaborateurs, ils ont plus de liberté dans leur package de rémunération et ils peuvent choisir la part de formation, le fait de disposer d’une voiture de fonction, les assurances ou divers autres abonnements.

L’argent qui tombe sur le compte bancaire à la fin du mois est une chose, le package de rémunération global du plan cafétéria en est une autre, plus inclusive au sens large : les collaborateurs peuvent échanger certains éléments de rémunération contre les avantages qu’ils souhaitent, dans le cadre des limites fixées par l’entreprise.

C’est une solution intéressante pour s’adapter à l’évolution des besoins des salariés, qui changent notamment beaucoup en fonction de leur âge.

Les pays anglo-saxons et la Chine en sont déjà adeptes et les entreprises françaises s’y mettent peu à peu, tant les gains niveau marque employeur et fidélisation sont avérés.

L’évaluation collégiale des salaires, et pourquoi pas ?

D’abord : l’élaboration collégiale des salaires, késako ?

Derrière cette appellation obscure se cache un procédé plutôt éclairant qui consiste à laisser un groupe de collaborateurs volontaires choisir la politique salariale de l’entreprise.

Pratique marginale essentiellement testée par les entreprises libérées et théorisée par  Isaac Getz, professeur à l’ESCP, l’évaluation collégiale des salaires repose sur la responsabilisation et la liberté.

Certaines entreprises comme Chronoflex (groupe Inov-On) ont franchi le pas, mais nous n’observons pas d’engouement spectaculaire autour de cette idée.

Cela peut se comprendre : les expériences de terrain ont démontré que beaucoup de salariés ont du mal à gérer ce pouvoir qui leur est attribué et qu’ils doivent assumer.

Parfois, il est plus agréable de laisser le management prendre ces décisions.

Ce paradigme propre à l’entreprise libérée mérite que l’on s’y intéresse, et qui sait, peut-être ce système gagnera-t-il en popularité à l’avenir ?

Le salaire libre : douce utopie ou fantastique révolution ?

S’il y a bien une idée innovante sur le futur de la paie qui fait rêver, c’est le salaire libre.

Oui, comme son nom l’indique, ce procédé permet à chacun de décider de sa rémunération, dans une logique d’introspection. Cela responsabilise énormément les collaborateurs, les encourage à se dépasser et procure un sentiment de liberté inégalé.

Cependant, dans la pratique, ce n’est pas si simple : des abus se produisent, certains collaborateurs sont paralysés par l’indécision, le syndrome de l’imposteur peut faire perdre de l’argent à certains d’entre eux, etc.

Encore une fois, c’est un concept si éloigné de ce que l’on connaît en France que sa mise en application n’est pas évidente pour tout le monde, loin de là, même !

Cela peut changer la donne, mais le salaire libre demande une grande préparation en amont et un vrai travail de pédagogie. Les faits montrent que c’est néanmoins une possibilité qui fonctionne.

 

La paie en crypto, est-ce bien raisonnable ?

Certaines entreprises françaises, notamment dans la tech et dans le secteur des cryptomonnaies et de la blockchain, ont commencé à verser une partie des salaires de leurs collaborateurs en cryptos.

Tendance ou lame de fond pour la paie de demain ?

Difficile de faire plus clivant : même si on dénombre un certain nombre d'aficionados dans le pays, beaucoup de personnes sont hostiles aux cryptos et la majorité ignore encore de quoi il s’agit.

Sur le plan technique, c’est possible, encore faut-il que ce soit avantageux pour le collaborateur, sinon cela n’a aucun sens. Et quand on connaît la volatilité des cryptos, l’absence de régulation et le risque d’y investir, pas sûr que l’idée se démocratise.

Bien sûr, les plus convaincus y trouveront leur compte.

Jusqu’au prochain crack, tout du moins…

La paie à la demande, évidemment 

Et si plutôt que d’être payé une seule fois en fin de mois (ou au début du mois d’après), il était possible pour chaque collaborateur de recevoir son salaire en plusieurs fois, au fil du mois ?

Cela lui permettrait d’éviter les problèmes de découvert bancaire et de mieux s’organiser.

Nous savons aussi que l’argent d’aujourd’hui vaut plus cher que l’argent de demain, surtout dans un contexte d’inflation.

La paie à la demande, c’est le cheval de bataille de Spayr pour rendre les collaborateurs plus résilients financièrement. C’est aussi une pratique en plein développement qui a de beaux jours devant elle.

Les entreprises réduisent leur turnover, améliorent la santé économique de leurs équipes, renforcent leur marque employeur. Les usages évoluent, et nous sommes là pour faire notre part.

De nombreuses idées innovantes vont révolutionner la paie dans les années qui viennent, reste à savoir lesquelles s’imposeront. Ce qui est sûr, c’est que le système change, que payer suffisamment vos collaborateurs ne suffit pas et que les entreprises s’adaptent pour répondre aux besoins des collaborateurs. Nous croyons en un futur du travail au service des salariés pour le plus grand bonheur des employeurs.

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